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Une étude du ministère de l’Emploi sur les conditions de travail

mercredi 29 décembre 2004, par T.E.S. Tournesol


Selon une étude publiée par le ministère de l’Emploi, les conditions de travail se sont dégradées depuis 1994. Parmi les aggravations constatées : des semaines de travail plus longues

Répétition de gestes, horaires pénibles, sentiment de travailler dans l’urgence... d’après une étude du ministère de l’Emploi publiée en décembre, les conditions de travail ont eu tendance à se dégrader ces dix dernières années.

Intitulée "Sumer", cette enquête réalisée par la direction des Etudes et des statistiques du ministère de l’Emploi (Dares) porte sur 50 000 salariés interrogés en 2002-2003 par des médecins du travail. Bruit, horaires, manutention de charges lourdes, produits chimiques... Toutes les questions liées au boulot y sont passées. Et les experts de constater : l’exposition aux risques et aux pénibilités du travail s’est accru entre 1994 et 2003. D’après la comparaison avec les résultats de la même enquête réalisée en 1994.

Parmi les aggravations constatées : les longues semaines et le travail répétitif. Ainsi, 20% des salariés signalent en 2003 avoir travaillé plus de 40 heures la semaine précédant l’enquête. lls étaient 29% en 1994. Aggravations également pour les contraintes horaires. Le travail dominical augmente ainsi de 19% à 20%. Celui de nuit aussi, et particulièrement chez les ouvrières qualifiées : plus de 6 points.

Les salariés subissent également plus les contraintes liées à l’organisation des entreprises, et le sentiment de travailler dans l’urgence se développe : en 2003, trois salariés sur cinq doivent abandonner une tâche pour une autre.

Les travailleurs sont aussi de plus en plus nombreux à se trouver en contact avec le public (71% contre 63%), ce qui "peut être vécu comme un risque" : ainsi, en 2003, 23% se sentaient physiquement menacés contre 18% en 1994. L’exposition au bruit a augmenté : 18% des salariés, soit plus de trois millions subissaient un bruit supérieur à 85 décibels en 2003 contre 13% en 1994.

La manutention manuelle de charges est plus fréquente : près de 7,5 millions de salariés devaient ainsi soulever ou déplacer des charges lourdes en 2003, soit 41% des salariés contre 38% en 1994. Enfin, près de 7 millions de personnes étaient exposés aux produits chimiques en 2003 : plus trois points. C’est dans la construction, l’industrie et l’agriculture que la progression est la plus importante.

Les différentes catégories socioprofessionnelles ne sont pas touchées de la même manière. Dans l’ensemble, note la Dares, "les risques et pénibilités ont davantage augmenté pour les ouvriers et les employés, ainsi que dans l’agriculture et la construction".

Quelques améliorations sont toutefois à constater : des gestes répétitifs moins fréquents. En 1994, 12,5 % des personnes interrogées disaient répéter un même geste ou série de gestes plus de 10 heures par semaine.


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