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Maroc

La formation hôtelière et touristique face aux exigence du 3ème millénaire

samedi 28 février 2004, par Salah Chakor


Aujourd’hui, nous affrontons une nouvelle ère, celle du 3éme millénaire caractérisée par une multitude de défis. Ces nouveaux défis de l’époque actuelle exigent de nous à ce que nous soyons préparés à affronter, les uns et les autres, les difficultés économiques et commerciales qu’imposent les phénomènes de la mondialisation, du libre échange, de la libéralisation, de la concurrence aiguë, de la compétitivité, du partenariat...etc.

Les hommes et les femmes d’actions économiques, sociales, politiques ou culturelles sont désormais condamnés à se préparer pour faire face à cette mondialisation qui, sans nul doute, portera préjudice aux économies faibles ou médiocres.

Les pays dont les produits et services sont moins compétitifs sur le marché mondial risquent d’être écrasés par les pays puissants dotés d’un savoir faire intelligent et offrant des produits et services répondant aux attentes de la clientèle cosmopolite.

C’est dans ce cadre, soucieux de contribuer, à leur manière à relever le défi, que le personnel et les stagiaires de l’Institut de Technologie Hôtelière et Touristique de Ouarzazate organise des rencontres et des manifestations nationales et internationales, sous formes de journées d’études et de portes ouvertes : sous des thèmes très variés. Les journée culturelle africaine organisée en Mars 2003 en est une illustration ; de même que les compétitions de cuisine locale auxquelles participent, en plus des stagiaires, les professionnels. Ces rencontres permettent au public de découvrir nos activités et de préparer nos futurs lauréats à affronter la réalité de la profession.

Dans ce même esprit nous avons élaborés un cursus de formation de technicien tout en faisant ressortir les qualités et les techniques que doit maîtriser un technicien en hôtellerie-restauration pour mieux répondre aux besoins de la clientèle des temps présents et à ceux de la clientèle future.

Depuis quelques années, on assiste à un accroissement de la demande de formation touristique dans la plupart des pays en voie de développement. Ils ont opté pour que le tourisme soit une priorité économique dans la mesure où ils ont pris conscience du fait qu’il est considéré comme la première ressource économique et comme facture de développement durable, mais si fragile et imprévisible, après l’industrie. Le Maroc a effectivement suivi cette stratégie en faisant du tourisme l’une des principales locomotives du développement, depuis janvier 2001, lors l’inauguration des premières assises du tourisme par Sa Majesté le Roi Mohamed VI à Marrakech. Depuis ce moment le gouvernement, les professionnels et la société civile se sont donnés rendez-vous pour l’accueil de 10 millions de touristes à l’horizon de 2010. Des importants chantiers sont alors ouverts, depuis lors, pour faire face à ces défis nationaux qui ont pour objectifs de relancer l’économie nationale permettant, en conséquence, l’amélioration du niveau de vie des citoyens.

A cet effet, dans la stratégie du plan du développement national du tourisme, il est décidé de :

- Intégrer devantage le développement du tourisme dans l’économie locale
- Planifier l’investissement touristique
- Développer les services de promotion
- Accroître les aménagements
- Former un personnel de service et d’encadrement compétent

Etant donné que le tourisme est devenu un phénomène excessivement complexe qui entraîne le besoin d’adapter la formation au nouveau du contexte concurrentiel mondial, il est primordial d’abord de comprendre le tourisme dans son originalité et la place qu’il occupe dans la vie actuelle.

La culture de la modernité a graduellement déplacé la légitimité du pouvoir vers l’homme et la raison, donnant lieu ainsi au rationalisme, lequel a provoqué un processus de bouleversement et réorganisation des sociétés dites modernes. Mais ce chambardement est survenu dans des réalités déjà existantes.

Actuellement, les statiques ne distinguent plus entre les voyageurs et les touristes. Un touriste reste aujourd’hui un voyageur parmi d’autres, avec les problèmes que cela implique pour les chercheurs. Les rythme actuel de croissance du tourisme ne peut plus être soutenu sans amplifier des problèmes, déjà graves, c’est pourquoi le tourisme a connu des formes de développement assez complexe à saisir dans leur globalité.

Ainsi donc, il s’avère que le tourisme est un système d’actions complexes. L’industrie du tourisme a conditionné, en grande partie, les formes diverses du tourisme. Nonobstant, l’expérience touristique doit être considérée comme un atout ; cependant, les agents qui doivent assumer la qualité de cette expérience coordonnent rarement leurs efforts ; par sa nature complexe, le tourisme fait appel à un grand éventail d’intervenants, ce qui rend l’analyse difficile.

Les Nouvelles technologies et la formation :

Les multimédias, les nouvelles technologies de l’information et de la communication facilitent le travail des formateurs et autres usagers. Il est très important de prendre en considération l’apport combien précieux des nouveaux supports informatiques que, malheureusement, trop de formateurs méconnaissent les différentes ressources qui peuvent être utilisées dans leur fonction. De même que ces formateurs n’ont, en général, aucune volonté de s’auto former ni de faire des recherches. Et dans cet état d’esprit, les organismes formateurs doivent inciter les enseignants à la lecture et à la recherche et à la production. La formation doit penser à l’intégration et à l’usage des systèmes informatisés. Quant aux formateurs il est de leur devoir, pour être au diapason des attentes du monde d’aujourd’hui, de maîtriser ses systèmes, qui s’avèrent utiles pour l’enseignement et la recherche.

Facteurs Structurant les Professions Touristiques et Hôtelières :

En dehors de l’évolution du contenu des programmes de formation et des politiques de recrutement des employeurs, des facteurs internes ou externes influent sur les professions touristiques et hôtelières. Il s’agit essentiellement de facteurs réglementaires technologiques ou économiques, mais également de changement imputables aux nouveaux comportements des populations.

Il est donc indispensable que les professionnels et tous ceux qui interviennent dans le domaine de la formation observent et interprètent ces évolutions, individuellement ou avec l’appui d’organismes spécialisés.

Facteurs Technologiques :

Hôtellerie :

Les nouvelles technologies sont en train de modifier les habitudes de travail en cuisine et au restaurant : cuisine d’assemblage à partir de produits de base plus élaborés, buffets réfrigérés, ....etc, qui demande beaucoup de technicité pour éviter une grande standardisation de la production finale.

Les technologies ont permis également le développement d’une hôtellerie de chaîne super-économique, aux procédures informatisées nécessitent peu de personnel et permettant de gérer ainsi des unités de taille moyenne.

Tourisme :

Le développement de la télématique et de l’informatique professionnelle (la tourismatique ou télématique appliquée au tourisme) automatisent certaines opérations en supprimant des emplois peu qualifiés, en élevant la technicité requise et en augmentant les exigences d’adaptabilité des professionnels susceptibles de passer d’un système à un autre ou voir une évolution rapide de certaines de leurs tâches :

- Emission de titres de transport par guichets informatiques
- Utilisation des autoroutes de l’information ( internent ) par des prestataires de services touristiques
- Réservation à domicile par Internet
- Enfin le développement de nouveaux supports de la vente ( cassettes vidéo, vidéo-disques, CD Rom ) font évoluer la fonction commerciale

Facteurs économiques :

Hôtellerie :

On assiste au développement des chaînes au détriment des établissement indépendants, avec en conséquence, l’adoption plus systématique de procédures et normes influant sur les habitudes de travail et structurant les emplois.

Autres facteurs :

Hôtellerie :

L’adaptation de nouvelles formes de restaurations ( Fast-food, repas à emporter, les Macdo Nald’s .....) et des établissements hôteliers ( résidences hôtelières ...) font évoluer l’hôtellerie et le contenu de ses emplois vers des formules se rapprochant de la location meublée saisonnière, des villages de vacances ....

Tourisme :

L’internationalisation accrue de clientèle oblige à la maîtrise de deux langues étrangères minimum, plutôt qu’une, pour de nombreux profils professionnels, l’internationalisation se traduit également par une concurrence plus forte de diverses nationalités sur le marché national du travail ( poste de direction ou d’exécution ). La mondialisation des marchés signifie bien sûr l’adoption d’une autre optique, l’exportation du savoir-faire national et la possibilité de poursuivre sa carrière professionnelle à l’étranger.

La pression accrue des consommateurs entraîne la prise en compte plus systématique des notions de responsabilité et sécurité, des aspects juridiques des conflits avec la clientèle, mais aussi l’adoption plus fréquente de politiques de qualité de produit, visant aussi à améliorer la productivité des services touristiques.

Il y a une multiplication des programmes au niveau des centres de formation poussant vers les exigences des employeurs en matière de formation initiale. Finalement, l’augmentation de la mobilité professionnelle ( saisonnalité, multiplication des contrats à durée déterminée) nécessite des méthodes d’encadrement différentes et plus formatives pour faire face à la mondialisation.

Les enjeux :

La compétitivité, dans le contexte de marché actuel où la concurrence s’intensifie, est le seul moyen de produire la richesse nécessaire pour maintenir et améliorer la qualité de vie, sans oublier que :

- Le développement de la science et de la technologie a entraîné la modification de la vie économique.
- Le développement technologique, à lui seul, ne peut garantir la compétitivité à long terme : il faut connaître aussi les mutations sociales.
- La mondialisation résulte de l’évolution des sciences et des technologies.
- La relation avec la science et la technologie devrait être active et créatrice
- L’industrie touristique peut acquérir un avantage concurrentiel en adoptant des technologies de pointe.

Pour une culture technologique :

Les changements technologiques imposent des exigences en matière d’information de l’entreprise, aussi petite soit-elle, et suite de formation :

- La capacité technologique se trouve très liée aux ressources humaines de l’entreprise.
- L’obtention de la compétitivité ne peut s’accomplir qu’avec l’appui d’un système d’éducationnel, lui-même compétitif.
- La maîtrise des nouvelle technologies, sans lesquelles il sera difficile de trouver un emploi, est une nécessité incontournable.
- Ainsi, pensons-nous, qu’un cours général sur les impacts des technologies, adapté aux différentes professions, devrait faire partie intégrante de tout programme de formation en tourisme et hôtellerie.

En Conclusion :

La formation hôtelière et touristique, doit donc prendre en considération tous les impératifs, les exigences des employeurs et les attentes de la clientèle actuelle pour aboutir à la mise en place des objectifs pertinents, cohérents, capables de donner aux lauréats des compétences leur facilitant l’insertion et donc facilement employables.

Salah CHAKOR I.T.H.T Ouarzazate

P.-S.

Ouvrage de référence : la technologie et les applications dans l’industrie du tourisme, Tourisme Canada 1988.

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